Tourné surtout vers le gribouillage. Avec des escapades sur tout et n'importe quoi... Eclectisme !
| | Le vieil homme se leva avec lenteur, comme toujours depuis un certain temps maintenant. Une douche rapide, un rasage tremblant, des habits fraîchement repassés, et il se dirigea vers la cuisine. Il disposa son petit déjeuner sur la vieille table usée par le temps et les mains. Ses yeux d’un vert pâle, légèrement voilés par un âge avancé, fixèrent les volutes de fumées de la tasse de thé. Son attention se détourna de l’intérieur vers le jardin que l’on apercevait depuis la fenêtre. Les chênes plantés par son arrière-arrière grand-père se balançaient au doux rythme d’un vent d’été. Le vieux lava la vaisselle. Il attrapa un vieux bâton à côté de la porte et sortit, une casquette des Yankees de New York sur la tête, un souvenir de sa jeunesse bourlingueuse. D’un petit pas hésitant, il s’en alla sur le sentier qui menait à la route en contrebas, goûtant les senteurs que le soleil faisait naître ici et là. Il arriva enfin devant la boîte aux lettres. Il consulta sa montre de gousset : 7H30. Il se mordit la lèvre inférieure. Peut-être aujourd’hui ? |
| Une coccinelle grimpait de son pas tranquille le long de la boîte en métal. Le vieux la contemplait en souriant. Il aimait bien les coccinelles. Surtout les rouges et noires. Elles étaient de moins en moins nombreuses depuis quelques années. Il se surprit à penser que le temps était peut-être venu de laisser la place, de tirer sa révérence. Mais comment ? Après plus de 40 ans à attendre, comment renoncer ? Elle arriverait peut-être aujourd’hui ? Ou demain ? Le petit vieux plissa les yeux en apercevant la voiture jaune de la poste. Elle faisait le détour rien que pour lui. Dans le coin, il n’y avait que lui, rien que lui et les chênes. Et elles. La voiture s’arrêta devant le vieux. La factrice ouvrit la portière, une moue triste sur le visage. Il comprit. Ce n’était pas encore pour cette fois-ci. Il remercia la jeune femme d’un hochement de tête. Elle déposa le courrier entre ses mains et après un salut amical, s’en retourna. Le petit vieux remonta l’allée, courbé, déçu. « Demain, oui, demain, Elle sera là ». | |
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| Elle n’avait jamais vu un jardin aussi beau ! Il n’y avait là que des tomates, de toutes les variétés possibles dont les divers parfums se mélangeaient dans l’air frais du matin. Le vieux était là, allongé au milieu des plants. Elle se précipita vers lui. Il ne respirait plus. La factrice posa le paquet sur la poitrine du vieux. Des larmes coulaient sur son visage. D’une main tremblante elle composa le numéro du maire sur son portable. Elle resterait là, le temps que les autorités arrivent. Une coccinelle rouge et noire vint se poser sur le paquet. Elle agitait les ailes, comme pour inciter la factrice à ouvrir le paquet… Elle n’en fit rien… | |