Bonjour visiteur !


Le numéro 4 de Bazarts' est là !

Salutations arpenteur de la Toile ! La bienvenue dans ce fourre-tout, en espérant que quelques articles t'intéresseront. Bonne lecture et à très bientôt.

Le quartier général du Fanzine Bazarts', c'est bien ici. Allez donc visiter la page dédiée.

Isangeles.

Scénarios

 

 

Le vieil homme se leva avec lenteur, comme toujours depuis un certain temps maintenant. Une douche rapide, un rasage tremblant, des habits fraîchement repassés, et il se dirigea vers la cuisine. Il disposa son petit déjeuner sur la vieille table usée par le temps et les mains. Ses yeux d’un vert pâle, légèrement voilés par un âge avancé, fixèrent les volutes de fumées de la tasse de thé. Son attention se détourna de l’intérieur vers le jardin que l’on apercevait depuis la fenêtre. Les chênes plantés par son arrière-arrière grand-père se balançaient au doux rythme d’un vent d’été. Le vieux lava la vaisselle. Il attrapa un vieux bâton à côté de la porte et sortit, une casquette des Yankees de New York sur la tête, un souvenir de sa jeunesse bourlingueuse. D’un petit pas hésitant, il s’en alla sur le sentier qui menait à la route en contrebas, goûtant les senteurs que le soleil faisait naître ici et là. Il arriva enfin devant la boîte aux lettres. Il consulta sa montre de gousset : 7H30. Il se mordit la lèvre inférieure. Peut-être aujourd’hui ?

Une coccinelle grimpait de son pas tranquille le long de la boîte en métal. Le vieux la contemplait en souriant. Il aimait bien les coccinelles. Surtout les rouges et noires. Elles étaient de moins en moins nombreuses depuis quelques années. Il se surprit à penser que le temps était peut-être venu de laisser la place, de tirer sa révérence. Mais comment ? Après plus de 40 ans à attendre, comment renoncer ? Elle arriverait peut-être aujourd’hui ? Ou demain ? Le petit vieux plissa les yeux en apercevant la voiture jaune de la poste. Elle faisait le détour rien que pour lui. Dans le coin, il n’y avait que lui, rien que lui et les chênes. Et elles. La voiture s’arrêta devant le vieux. La factrice ouvrit la portière, une moue triste sur le visage. Il comprit. Ce n’était pas encore pour cette fois-ci. Il remercia la jeune femme d’un hochement de tête. Elle déposa le courrier entre ses mains et après un salut amical, s’en retourna. Le petit vieux remonta l’allée, courbé, déçu. « Demain, oui, demain, Elle sera là ».

La factrice roulait à toute vitesse. Elle n’avait que 30 ans, mais déjà gamine, elle avait entendu parler du vieux aux chênes. Tout le coin en parlait. Il avait acheté dans le temps une vaste partie des terres de la région. Il y produisait des tomates, de toutes sortes. Ses enfants géraient l’affaire maintenant. Mais elle se moquait de savoir si le vieux était riche ou pas. Le vieux aux chênes attendait. Il attendait depuis plus de 40 ans disait-on. Quoi ? Nul ne le savait vraiment. Pourtant, là, ce matin, elle allait savoir pourquoi. Un petit paquet venait d’arriver. Pas plus gros qu’un livre de poche. Les timbres indiquaient la provenance : le nord du Chili. Sans attendre d’avoir trié le courrier, elle avait pris la voiture. L’accélérateur au plancher, elle filait droit vers la propriété. A 6h00 du matin, elle déboula dans l’allée, faisant gicler les gravillons en tous sens. Elle pila devant la petite maison entourée de chênes. D’un bond, elle fut dehors, le colis dans une main, frappa à la porte, hors d’haleine et attendit. Le silence. Elle frappa encore. Rien. La peur au ventre, la factrice fit le tour, vers le jardin. La porte de derrière serait peut-être ouverte.

 

Elle n’avait jamais vu un jardin aussi beau ! Il n’y avait là que des tomates, de toutes les variétés possibles dont les divers parfums se mélangeaient dans l’air frais du matin. Le vieux était là, allongé au milieu des plants. Elle se précipita vers lui. Il ne respirait plus. La factrice posa le paquet sur la poitrine du vieux. Des larmes coulaient sur son visage. D’une main tremblante elle composa le numéro du maire sur son portable. Elle resterait là, le temps que les autorités arrivent. Une coccinelle rouge et noire vint se poser sur le paquet. Elle agitait les ailes, comme pour inciter la factrice à ouvrir le paquet… Elle n’en fit rien…

Le fils se tenait assis dans la cuisine, seul. Une lettre jaunie par le temps, une petite enveloppe contenant des graines et un paquet ouvert reposaient sur la table. Il se tenait la tête entre les mains, pleurant doucement. Son père avait attendu cette lettre des années durant. La lettre de son fils aîné, parti à l’aventure après une grave dispute qui avait déchiré la famille. Le vieux avait tenté de se faire pardonner, en vain. Sa faute avait été trop grande.

« Puissent ses graines de Solanum chilense qui ont su pousser dans des conditions défiant l’imagination être le témoignage de mon pardon. Je t’avais promis étant tout petit d’un jour t’en rapporter. Je suis maintenant trop vieux pour voyager. Puisses-tu en les voyant pousser pouvoir me pardonner à ton tour… »

Les touristes qui ont la curiosité de visiter le cimetière du coin, peuvent voir, depuis ce temps là, un étrange plant fleurir et produire en été sur la tombe portant sur sa plaque le surnom de « L’homme aux chênes » : des tomates chiliennes.


Isangeles.
Illustrations de Karicature
http://maguykrimm.com

Ce texte a été publié pour la première fois dans l'Anthologie Bd Amateur 2008, ici
Merci à Karikature pour les magnifiques illustrations.

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Hop ! Hop ! Grande nouvelle ! Les dessinatrices du scénario le Grand Tour ont décidé de tout reprendre depuis le début. Et du coup le scénario aussi sera remodelé !
En avant première un aperçu des nouvelles recherches :

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Cette fois c'est Darktanguy qui s'y colle. Interprétation du découpage :)

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Voici la planche de V2 ! (son blog dans les liens Vikings.

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Mustik en premier

 

 

 

Borisperrin ensuite :

 

 

 

 

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Nous commençons par les recherches de Borrisperrin

 

 

 

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Les gars du forum Viking m'ont demandé de faire un découpage du début de l'histoire afin de tenter une mise en bd, pour s'entraîner. Voici le découpage. Les images suivront.

 

 

Planche 1 : 3 bandes. La première plus importante que les deux autres. Elle prend un tiers de la planche.

Case 1 :
Plan de très grand ensemble. C’est une vue de la Lune et des chantiers lunaires. On aperçoit diverses structures. On doit voir deux Zeus, les immenses croiseurs lourds en construction.
Texte, en haut à gauche : « Chantiers navals lunaires »

Case 2, 3 et 4 sur la même bande.
Case 1 : Une vue plongeante. Un plan d’ensemble semble convenir. Le monorail avance à toute vitesse vers la base lunaire. Il s’agit d’un train qui circule dans un tunnel de verre, à moitié enfoncé dans le sol.
Texte : « Dixième année de l’Attente… »

Case 3 : Intérieur d’un wagon. Des officiers, jeunes. Hommes, femmes, en nombre assez égal. Attention, ils doivent avoir tous moins de 30 ans. Ils discutent calmement.
Texte : « Promotion Patton… »

Case 4 : Une fenêtre. Un officier regarde un point situé en hauteur. On le voit de ¾ dos. Il a les main croisé derrière le dos. Christopher Coast : trapu, petit, porte le bouc. Un joueur de rugby, un peu engoncé dans son uniforme. On peut apercevoir au loin un Zeus en orbite.

Case 5 et 6 sur la même bande. La case 6 fera 2/3 de la bande.
Case 5 : Une femme pose la main sur l’épaule de Coast. En plongée, comme si on était dehors. Elle montre du doigt quelque chose vers le lecteur.
Texte : la femme : « Là ! Le Corsaire ! »

Case 6 : Survolant le monorail, le C-1, escorté par 3 chasseurs. Il est en légère contre-plongée. Le lecteur doit avoir l’impression de vitesse mais aussi d’agilité de l’appareil. Je suggère qu’on le voit d’un peu en dessous, le devant plus gros que l’arrière, comme s’il allait sortir de l’image.
Pourquoi ne pas tenter un dessin sans la case…

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Entre Saturne et Jupiter, à l’écart des routes habituelles flottaient les deux C-1 et un Zeus en piteux état. Des cosmonautes engoncés dans les lourdes tenues de travail en espace réparaient le mastodonte. L’ingénieur en chef contemplait les impacts profonds dans la coque du géant de divers alliages. Une sacré chance que les légionnaires s’en sortent aussi bien. Ils travaillaient d’arrache pied depuis 24h, sans prendre de repos. Le nez du classe Zeus, renommé depuis peu le Z-TS Jupiter, représentait un véritable challenge. Les boucliers de protections n’existaient plus. Un système de champ magnétique les remplaçaient grâce au génie de Hencock. Ce gars avait au moins 100 idées à la seconde et toutes réalisables. L’ingénieur tourna la tête à l’intérieur de son scaphandre. Le colonel Hencock arpentait la coque depuis bientôt trois heures. Il cherchait quelque chose. Mais quoi ?

La salle de réunion du Zeus bruissait de murmures tendus. Les différents officiers supérieurs occupaient les divers sièges. On attendait le colonel Hencock, commandant la mission. Assit dans un coin, un cigare éteint au coin de la bouche, le capitaine d’Erico fronçait les sourcils en voyant des militaires si angoissés. Ils n’osaient pas regarder la vérité en face ou quoi ? La Terre avait envoyé des missiles sur les Zeus. Alors de deux choses l’une. Soit quelqu’un comptait prendre par surprise une quelconque force d’intervention ennemie, soit on voulait effacer des preuves. Jusqu’à preuve du contraire, à part l’Amiral, nul n’était censé savoir que les C-1 seraient dans les parages. Le sas d’entrée livra soudain le passage à un scaphandre de cosmonaute. La tête d’Hencock paraissait minuscule dans cet énorme exosquelette. L’ensemble de la pièce se leva. Le colonel les dévisagea, longuement. L’air ridicule de l’officier commandant ne fit sourire personne. Son visage d’ordinaire calme et réfléchi reflétait son incompréhension et sa peur. D’Erico se leva lentement à son tour. Il claqua un « A vos rangs fixe ! ». Dans un vieux réflexe la salle se mit au garde-à-vous.
-Mon colonel, l’ensemble de l’Etat-Major est rassemblé, à l’exception des second en charge des navires. Repos ! Hencock hocha la tête, conscient qu’il devait se reprendre. Un signe et son aide de camp l’aida à sortir de son scaphandre. Il portait une tenue non réglementaire en dessous. Des sourires naquirent aux bords des lèvres des officiers. Le t-shirt du colonel portait une devise du début du 20eme siècle : Vikings 2000 for Ever… Henri demanda le silence et après une rapide inspiration se lança. Comme à son habitude, il fut bref :
-Le sujet est délicat. En ce moment même, si on se reporte au plan établit avant notre départ, les flottes doivent être en mouvement pour frapper Pluton… Mais je ne suis pas certain qu’il y ait quelque chose aux environs de Pluton. Quand les classes Zeus ont été créés, les ingénieurs ont eu la bonne idée de mettre des mouchards consultables par eux seuls, connus d’eux seuls. Une sorte de précaution. Nous sommes un peu paranoïaque. J’ai retrouvé un des mouchards. Il indique clairement que la flotte de Jupiter n’a pas été attaquée. Les Zeus ont ouvert le feu sur l’escorte et dans le même temps ont ordonné l’ouverture des sas et la dépressurisation de l’ensemble des vaisseaux. Ce n’est pas un virus… L’ordre a été implanté à la conception des navires. Tous les vaisseaux sont potentiellement porteur de cet ordre. Y compris les C-1.
 La salle s’agita incrédule.
 -S’il vous plaît… Je suis un des concepteur des C-1. J’ai donc rapidement nettoyé les bases de données de nos vaisseaux, et chargé un programme propre. L’inconvénient c’est que pour le moment nous sommes incapable de naviguer en mode C-1 car nous n’avons pas les données astronomiques nécessaires. C’est dans ce dossier qu’étaient implantés les ordres. Nos astronautes travaillent dur pour mettre en place un nouveau dossier. Henri se laissa tomber dans un fauteuil.
-La question que je pose est la suivante : qui sur Terre veut une guerre fantoche ? Les officiers prirent place en silence, se regardant les uns les autres, incrédules.
-La guerre est donc fausse, vous en êtes certain ? demanda le commandant Coast. -Il y a une seule façon de le savoir : aller faire un tour du côté de Pluton. Juste une apparition et prendre toutes les données possible et revenir ici, lança Ackerman.
-Si la guerre est fausse, si c’est bien cela, à l’heure qu’il est, nous sommes les seuls au courant. L’Amiral, soupçonnait quelque chose pour nous avoir envoyé ici ? demanda Oliver.
-Je n’en sais rien, maugréa Hencock. Il faut agir. Coast, vous allez en mission de reconnaissance vers Pluton. Pendant ce temps nous poursuivons les réparations sur le Jupiter. Ackerman, préparez vous pour un saut au plus proche de la Lune et donc du Leadership. Il vous faut à tout prix entrer en contact avec l’Amiral Soul. Si vous êtes menacé, d’une manière ou de l’autre, revenez ici.
Tous remarquèrent le manquement volontaire d’Hencock dans l’utilisation des grades. Ils savaient ce que cela sous-entendait… Un refus de la chose militaire. Une attitude compréhensible. Après tout, à part lui, tous ici étaient des militaires de carrière.

 Le commandant Coast cligna des yeux. A travers le liquide protecteur il distingua les dernières données mises en boite par les astronautes établis sur le Jupiter. L’équipage de son C-1 se composait du strict nécessaire afin de donner un équipage au classe Zeus. Il regrettait son second, bombardé commandant du vaisseau lourd. Une promotion inespérée. Il donna les ordres. Le C-1 bondit dans l’espace et disparu. Avant de se matérialiser avec une précision époustouflante à quelques mètres de l’atmosphère de Pluton, dans une trajectoire tangente. Coast observait l’écran tactique. Il n’aurait que quelques secondes pour faire le point de la situation. Il souffrait du handicap du saut. L’ennemi le repérerait avant. Trois secondes de latence entre l’apparition du bâtiment et le retour en ligne des ordinateurs de bord. Il le savait. Il inspira lentement, comptant les secondes. A trois, l’écran tactique s’afficha au milieu de la salle. Il écarquilla les yeux. Une titanesque flotte de vaisseaux de types inconnus manœuvraient autour de la planète.
-Signatures missiles ! hurla l’officier radar.
 -Chasseurs sur nous ! ajouta-t-il d’une voix plus calme.
-Dégagement ! dégagement ! gronda Coast. Contre-mesures ! et engagez la procédure C-1 comme convenu.
 -C-1 dans une minute. Contre-mesures efficaces à 90%, commandant. Chasseurs arrivent par tribord, commenta l’aspirant Hillman, une jeune femme du bloc Asiatique, nouveau second de Coast
-On tient le coup ! Feu sur les chasseurs, balancez la sauce sur les missiles.
Le C-1 fit un premier bond. Il cracha ses missiles et contre-mesures, noyant l’espace derrière lui d’une corolle d’engin de mort. A son deuxième bond, un seul missile ennemi restait actif. Les chasseurs s’évertuaient à éviter les menaces. Au troisième bond, le missile explosa alors que le vaisseau passait en mode C-1.

L’Amiral Soul se réveilla en sursaut. L’appel d’urgence ne retentissait pas. Pourtant, son aide de camp le secouait par l’épaule. Frédéric Soul se leva d’un mouvement fluide. L’aide de camp, Manuel Zerty lui passa un uniforme sombre de la spatiale. L’Amiral haussa un sourcil. Manuel mit un doigt devant ses lèvres pour intimer le silence. Ainsi on en était là. Les C-1 avaient certainement trouvé quelque chose d’important. Soul s’habilla et suivit Manuel par un sas dérobé. Après quelques minutes de marches dans un couloir orangé, ils débouchèrent dans une petite salle de réunion, tout à fait secrète, inconnue des plans du vaisseau. Manuel sortit un petit objet qu’il posa au milieu de la pièce après l’avoir activé. Il se tourna vers son supérieur.
-Monsieur, le commandant du Redstorm est là. Elle vient d’arriver et dit posséder des informations importantes.
-Bien Manuel, faites la entrer. L’aide de camp baissa la tête et actionna l’ouverture d’un autre sas. Emma Ackerman s’avança, le visage fermé. Elle se mit au garde-à-vous devant l’Amiral.
-Repos commandant. Parlez, vite et bien. Emma l’informa dans les moindres détails, d’une traite de toute l’histoire. L’Amiral resta silencieux durant tout le récit. Il se leva, arpentant la salle. Il s’arrêta devant un fauteuil de cuir noir, caressant distraitement la matière à la fois froide et douce.
-Je ne comprends pas, murmura-t-il en se retournant doucement vers Emma. Je ne comprends pas. Je soupçonnais un coup fourré, mais là… c’est pire que tout ce que j’envisageais. Je… L’Amiral pencha la tête de côté, le visage concentré. Il pesta et empoigna Emma par le bras, la tirant vers un sas.
-Fuyez, on vient. J’ai été trahi. Dites à Hencock d’appeler le programme Enoch de son data. Il ne faut pas que vous tombiez entre les mains de nos ennemis. Il la poussa dans le couloir. Emma tenta de poser une question mais le sas s’était refermé.
Soul alla s’asseoir tranquillement dans le plus grand des fauteuils. Il prit soin de revêtir la tunique d’Amiral qui Manuel avait posé dessus. Il alluma un cigare et ferma les yeux. Ainsi tous ce que les fous du Cercle Pourpre racontaient se révélaient vrais. Le pire génocide que l’humanité connaîtrait depuis la Shoah… Il déglutit. Le chuintement du sas remplit le silence. Il ouvrit les yeux. Paul Serva se tenait dans l’embrasure. Un fertile… Pour commencer le massacre. Sacrée ironie.
-Amiral Soul, vous êtes aux arrêts, veuillez me suivre.
-Colonel Serva… Pour quelles raisons ?
 -Pour conspiration contre l’Humanité et tentative de déstabilisation des armées en temps de guerre. Soul esquissa un sourire. Il se leva lentement. Il souffla la fumée de son cigare vers le plafond avant de le poser dans le cendrier. Il lissa sa tunique. Manuel faisait toujours bien les choses. Les médailles étaient surtout là pour cacher la bosse de l’arme qu’il avait dissimulé dans la poche intérieure. Une bonne initiative de la part de son fidèle aide de camp. Mais Soul ne pouvait pas attenter à la vie d’un Fertile. Il s’avança vers le colonel. Ce dernier tendit la main. Ah… il devait avoir un informateur. L’Amiral déposa l’arme sur la paume de Serva. Avec une moue volontaire, il s’engagea dans le couloir. Son visage se figea soudain dans une mimique de surprise totale. Il tomba à genoux et s’effondra sur le sol, un trou béant à la place du front. Serva tendait encore l’arme au bout de son bras. Il n’avait pas hésité à tirer. Un stero en moins. Ses semblables suivraient. Les mâchoires de Manuel Zerty se crispèrent quand l’image de contrôle montra le meurtre de celui qu’il était chargé de protéger. La tête de l’aide de camp s’affaissa lentement vers le bas. Les yeux dans le vide, Manuel se remémora les ordres de feu l’amiral Soul. Il inspira par le nez, rapidement et s’activa dans la petite salle qu’il occupait. La suite des évènements présentait une somme d’incertitudes trop nombreuses. Manuel devait faire des choix. Les bons ? Il enfila sa vieille tenue de la Légion : toujours aussi seyante. Après un bref regard à l’antre qu’il abandonnait il s’engagea en courant dans la coursive principale. Sa tenue et son attitude déterminée étonnèrent les rares personnels de factions. Il déboucha en trombe dans l’anti-chambre de la salle de l’Etat-Major. Les gardes de la spatiale le reconnurent mais tentèrent de lui barrer le passage, braquant leurs armes sur lui. Manuel se laissa glisser, en position de tacle. Il faucha le premier soldat et d’un geste vif envoya une fine aiguille dans la jambe de l’autre qui s’effondra, endormi. Il termina d’assommer le garde. Rapide, il retrouva sur ses pieds. L’alerte devait maintenant être donnée. Il extirpa un passe et l’enfonça dans la commande de la porte. Après quelques micro secondes le sas s’ouvrit. Le contre-amiral Lander se retourna d’un seul bloc, les yeux plissés. Une vilaine estafilade courait de son front au cou, baignant son uniforme de sang. D’autres officiers gisaient sur le sol, la table, les fauteuils. Elle reconnue l’aide de camp de l’Amiral.
-Quartier Maitre Zerty ! Que diable se passe-t-il ici ? murmura-t-elle en rechargeant son arme et en inspectant les corps à la recherche de survivants.
-Amiral, vous êtes maintenant l’officier le plus haut gradé de cette flotte. Il faut partir. L’Amiral Soul vient d’être abattu par le colonel Serva. Nous devons vous mettre en sécurité et rejoindre rapidement la flotte de combat la plus proche.
-Serva ? Soul… Mort… elle fixait le sol, incrédule. Sa main ferma les yeux d’Ingrid Lander, sa sœur cadette, commandant de la 2eme flotte. Ses narines se pincèrent de colère.
-Je suis désolé Amiral, mais nous devons faire vite. Le Leadership est perdu.
-Je vous suis Quartier Maître… Mais pour récupérer le Leadership, certainement pas pour l’abandonner.
-Adjudant. Je suis adjudant du 2eme Régiment d’assaut de la Légion Amiral… Sans attendre de réponse il se précipita vers un pan de mur. Il actionna une commande cachée et ils s’avancèrent dans un couloir minuscule. Manuel ne transpirait pas. Il avait peur toutefois. Peur de faillir aux ordres de celui qui fut son seul ami. Soul l’avait sorti de la rue après la dissolution de son régiment suite au coup d’Etat manqué que le bloc franglais tenta contre la Pax Americana. Accusé d’avoir soutenu le général de brigade Rulot le 2eme Régiment d’Assaut ne pouvait pas rester actif. L’Amiral lui avait donné une seconde chance
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