Texte Libre

Salutations arpenteur de la Toile ! Tu es je le crains égaré... Si tel est le cas, saches que tu viens de tomber dans un fourre tout sans nom... Tu peux fureter à l'envie, en espérant que quelques articles t'intéresseront. Bonne lecture et à très bientôt.

Le Fanzine Bazarts' : le numéro 2 est dispo ici : http://perso.orange.fr/bazarts/

Isangeles.

Vendredi 18 juillet 2008
Le chapitre 6. Pour cause de départ proche en vacances... Le feuilleton recommencera en septembre !

Hencock déboucha sur le pont principal, hors d’haleine. Emma déjà harnachée dans son cocon de commandement leva un sourcil en le voyant légèrement paniqué. Henry rejoignit le sien, au poste d’ingénierie. L’équipage, concentré, ne cédait pas à la panique. Les visages de Coast, de d’Erico et d’Oliver s’affichaient sur l’écran tactique. En hologramme, au milieu de la salle on visualisait en temps réel les différents acteurs dans l’espace, Jupiter en arrière plan. Le pacha semblait avoir déjà donné des ordres. Les chasseurs se ruaient vers le Redstrom, suivit de près par les ailes delta de deux escouades de la Légion. Les deux escouades de d’Erico manquaient à l’appel.

-Pacha, fit le second Janice Grusser, 55 signatures C-1 confirmées, elles sont passées en vitesse conventionnelle. Toujours en cours d’acquisition. Elles envoient un signal dans toutes les directions.

-Origine ? demanda Ackerman.

-Trajectoire en cours de calcul.

-C-2, commencez manœuvre d’évacuation, placez-vous aussi loin que bon vous semble. Récupérez les escouades de la Légion, ils sont trop lents. Commandant Oliver, allez voir un peu en visuel de quoi il s’agit, n’engagez pas le combat, ordonna Emma en détaillant l’hologramme tactique. Capitaine d’Erico, pourquoi n’avez-vous pas encore évacué le Zeus ?

 

-Trajectoire d’origine confirmée à 90% : la Terre, annonça d’une voix incrédule le second du Redstorm.

Hencock croisa le regard interloqué d’Emma.

            Le capitaine Stephan Oliver ordonna le déploiement de son escadrille afin de pouvoir rejoindre au plus vite possible le ventre du Redstorm. Il s’éloigna rapidement, seul, en direction des points indiqués par son radar. Après un grand détour en arc de cercle il arriva par l’arrière. Ses ordinateurs furent soudain agressés par une multitude de données. Il coupa tout, laissant le chasseur poursuivre sur sa lancée. Peu à peu il devina les contours des objets. Ils étaient cylindriques sans marques apparentes. Stephan retint son souffle. Son chasseur finit par s’immobiliser. Il se laissa suffisamment distancer, puis relança les machines.

-…aine Oliver ? Répondez Sky Leader… crachota aussitôt la radio. Stephan reconnu la voix calme du second du Redstorm.

-Mauvaises nouvelles Capitaine Grusser… Il s’agit de bombes N de génération IV. Je rentre au bercail.

-Les ordinateurs des Zeus répondent ! cria l’officier radar en se retournant pour dévisager le pacha. Les réacteurs des Zeus se mettent en marche et des balises de pointage viennent de s’allumer sur les épaves des différents vaisseaux d’escorte… Le second fut aussitôt à ses côtés et lui serra l’épaule. L’officier compris le message et poursuivit d’une voix plus calme bien qu’encore tremblante. Les missiles changent de cap, droit sur les Zeus. Impact dans…

-Les missiles passent en vitesse Terra, renseigna l’enseigne Gem, au second poste radar.

-Impact dans 2 minutes à cette vitesse.

-Mise en cocon ! A tous : dégagement, passage en vitesse C dès que possible, ordonna le pacha, consciente que ni Oliver, ni d’Erico n’auraient le temps de se mettre à l’abri. Coast, direction Saturne.

-Je dégage vers l’autre face de Jupiter, commenta laconique Oliver.

-D’Erico, répondez bon sang ! Vous comptez finir réduit en particules élémentaires dans ce maudit rafiot ?

-C-2 vient de passer en vitesse C.

-Second, calculez moi une solution de tir afin de pouvoir en éliminez le plus possible, fit Emma en sentant le liquide envahir son corps.

-Dans 15 secondes pour une première salve. Puis 5 secondes plus tard pour la suivante.

-Lancez la procédure de mise à feu dès que vous êtes paré. Et passage en C aussitôt les missiles lancés.

-Destination ? questionna le navigateur.

-Saturne.

Hencock se tourna lentement vers Emma. Il la distinguait à travers le liquide protecteur. Elle ne quittait pas l’hologramme de d’Erico des yeux. Ce dernier fumait toujours son cigare, assit au poste de commandement du Zeus. Il semblait beugler des ordres à ses hommes… Emma allait le laisser là, face aux bombes à Neutron… Face à la pire des armes inventée par l’homme. Elle éradiquait toute trace de vie, laissant intactes les structures. La génération IV avait le tact de ne s’attaquer qu’à des corps plus gros que les chiens…

 

Les deux salves de missiles firent légèrement trembler le navire. Dès que le dernier tube fut refermé l’engin passa en vitesse C. Les anneaux de Saturne se matérialisèrent dans l’hologramme tactique. L’espace était dégagé. Seule la signature du Corsaire numéro II apparaissait.

 

On pouvait dire du capitaine d’Erico qu’il avait la tête dure. On pouvait aussi mettre en avant son sale caractère et son côté français si irritant. Pourtant, nul ne pouvait prétendre avoir vu d’Erico quitter un champ de bataille sans combattre. Même durant les révoltes industrielles de la Lune et la rude défaite de la Légion. Le capitaine d’Erico, alors simple  légionnaire s’illustra lors du dernier assaut contre le bunker de l’escouade survivante de la légion. Une sorte de Cameron moderne. Il survécu. Seul survivant. Alors, depuis, il ne quittait plus le champ de bataille tant qu’il pouvait faire tomber des ennemis. Et puis bon, un Zeus, c’est un Zeus ! Un vaisseau de combat qui méritait de se battre !

-J’l’ai ! J’l’ai ! hurla Carr en se levant de son poste et se précipitant vers la console principale. Il venait de reprendre la main sur le vaisseau.

-Parfait ! Allez, on va voir ce que la barque à dans le ventre. A tous, feu à volonté ! Mecter, en vitesse Terra !

-Le cap ? demanda Mecter en prenant les commandes.

D’Erico jeta un œil sur la projection holographique qui venait d’apparaître. Ces saletés de missiles accéléraient encore. Peut-être que la dernière heure était venue pour eux… Il mâchouilla son cigare, ses impressionnants sourcils blonds froncés.

-Atmosphère de Jupiter… Et tu coupes au plus proche pour sortir de l’autre côté…

Mecter marqua une pause. Le capitaine possédait une collection de médailles et de citations unique dans le monde militaire. Il n’obéissait qu’à la Légion, qu’à l’Honneur et la Légion. Et Mecter, lui, n’obéissait qu’à d’Erico.

-Nous sommes en route. Il faudrait…

-Tous en scaphandre de combat, ça va secouer un peu les gars…

 

Les canons du Zeus crachaient tous les missiles et contre-mesures contenues dans son ventre. Les bombes à Neutron s’ouvrirent, lançant dans l’espace une corolle de charges actives parmi lesquelles des missiles nucléaires. Le Zeus pénétra dans l’atmosphère de Jupiter. D’Erico à travers son scaphandre vit les indicateurs du vaisseau devenir fous. Cornwallis se retrouva éjecté vers le plafond par l’explosion du module de contrôle des armes. Tout grésillait, tout explosait. Une fumée épaisse envahit le pont de commandement…

 

Les missiles à neutron explosèrent en une froide lumière blanche. Les corps des équipages qui flottaient dans l’espace se désagrégèrent en une multitude de particules microscopiques. Les missiles nucléaires pénétrèrent dans les réacteurs du Zeus restant. Il se cabra et après un court instant d’hésitation vola en éclats.

 

Le chasseur d’Oliver enregistra les données de l’explosion. Mais quelque chose n’allait pas. La face de Jupiter semblait… Il écarquilla les yeux… Le nez monstrueusement abimé d’un classe Zeus surgissait de l’atmosphère tourmenté de Jupiter.

-Capitaine Oliver, j’en ai un plus gros que toi… grésilla la voix goguenarde du capitaine d’Erico.

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Vendredi 11 juillet 2008

L’énorme masse de Jupiter se matérialisa sur les radars des deux C-1. Aussitôt le malaise de la décélération estompé les chasseurs furent lancés. Les deux Corsaires continuèrent leurs manœuvres de décélérations afin de se mettre en orbite autour de la géante gazeuse.

            -Nous progressons vers la dernière position connue de l’escadrille de Jupiter, grésilla la voix du capitaine Stephan Oliver sur les deux ponts de commandement des Corsaires. Nos radars indiquent une forte présence de débris de tous types…

            Stephan fronça les sourcils en surgissant derrière le plus gros des satellites de Jupiter. Les deux Zeus étaient là, immobiles, entourés par les épaves des chasseurs et des autres bâtiments de soutien. Il ordonna une halte. Les appareils flottèrent dans l’espace, des minuscules ombres sur la face tourmentée d’Io. Le capitaine observait les débris avec attention. Son écran zooma en suivant son regard. Au milieu des carcasses des chasseurs, des nacelles de sauvetages dérivaient lentement. Une nuée de points noirs constellaient les flancs des deux titanesques Zeus. Stephan déglutit avec difficulté. Il ouvrit un canal protégé. La voix de Hencock surgit dans son cockpit.

            -Une ligne privée ? Un problème capitaine ?

            -Un de taille mon colonel… Je pense qu’il n’y a guère de survivant monsieur…

            -Mon dieu c’est aussi catastrophique ? Il ne reste rien des Zeus ? C’est pour cela que vous ne transmettez aucune image ?

            -Les voici mon colonel…

Les images holographiques se matérialisèrent devant les yeux d’Henri. Ce dernier porta une main tremblante à ses lèvres soudain sèches.

            -Mais ils sont… Seigneur… Etablissez un périmètre de sécurité capitaine. Prévenez-moi dès que tout est clair. J’envoie la Légion.

            -Reçu.

            Stephan donna les ordres. La petite escadrille s’éloigna des lieux de la bataille et parcouru le secteur en postant une sentinelle à chaque point stratégique. Oliver annonça que le périmètre était sécurisé.

 

            Les scaphandres autonomes de la légion se déployèrent en un V dont la pointe était matérialisée par le capitaine d’Erico. Il observa avec calme le défilement des données sur sa visière. Les propulseurs des ailes delta accrochées dans le dos des armures montèrent en régime. Les chasseurs se profilèrent sur les côtés, attentifs, immobiles. Les vingt scaphandres noirs s’approchèrent des deux gigantesques vaisseaux, évitant les débris. Il fut le premier à se poser sur la structure du navire. Les ailes delta se détachèrent, se collant contre la carlingue du vaisseau. D’Erico balaya la zone du regard. Les nacelles de sauvetages dérivaient lentement dans l’espace au milieu de débris en tout genre. Et parmi ces débris des corps, des centaines de corps…

            -Escouades une et deux sur le deuxième Zeus. Escouades trois et quatre avec moi.

 

            Les dix hommes coururent le long du navire. Les sas, et autre soutes de chargement étaient grandes ouvertes. Ils pénétrèrent dans la salle d’atterrissage des chasseurs. Ces derniers reposaient dans leurs logements. D’Erico prit son arme, aussitôt imité par ses soldats. Par geste il envoya une escouade vers l’avant du navire. Il s’engagea vers le pont de commandement avec les quatre hommes de son équipe habituelle. Des vieux briscards qui avaient connus le feu lors de missions pas officielles pour un sous. Cornwallis ouvrait la marche, ses deux armes de poing dans les mains. Suivaient d’Erico et Carr. En couverture se trouvait Mecter, l’arme lourde prête à cracher ses obus explosifs. Ils progressèrent sans problèmes jusqu’à la coursive de commandement. Ils n’avaient pas croisés de cadavres… Le poste de commandement en étaient rempli. Le pacha comme l’équipe de pilotage, harnachés dans leur fauteuils, gisaient là, tués par le vide de l’espace. D’Erico fit le tour de la salle, couvert par ses hommes. Il activa la fermeture du navire. Un sifflement aigu envahit alors la pièce. Les capteurs des scaphandres confirmèrent la pressurisation du poste de commandement et son alimentation progressive en oxygène.

            -Carr ! Au boulot ! Fais-moi parler cet engin, cracha d’Erico en rangeant son arme.

            -Légionnaires, au rapport !

            -Escouade trois au rapport : réacteurs nucléaires intacts. Pas d’hostile commandant.

            -Lieutenant Lion au rapport pour escouade un et deux : Zeus en parfait état de marche. Pas d’hostiles. Aucun survivant.

            D’Erico commanda l’ouverture de son casque. Il huma l’air en fronçant les sourcils. Tout en examinant les corps de l’équipage il porta un cigare à ses lèvres et l’alluma. Ils étaient tous morts de la dépressurisation du poste de commandement. Il balaya la pièce du regard. Les panneaux de sécurité qui se déclenchaient en pareil cas étaient dans leur logement, et n’avaient pas accompli leur devoir. Les parois ne portaient aucun stigmate d’un quelconque projectile. Il croisa le regard de ces hommes.

            -Branchez moi une ligne sécurisé avec Hencock, et restez pas là à rien faire. Je veux une inspection complète des navires, millimètres par millimètres et qu’ils soient en état de marche dans les 2 minutes qui viennent…

            L’image grésilla un instant et l’hologramme du colonel Hencock se matérialisa devant d’Erico.

-Mon colonel, aucun survivant. Pas de trace de combat. Je mets ma main à couper que les vaisseaux d’escortes ont été pulvérisés par les armes des Zeus…

-Une défaillance ? Une arme secrète qui agit à distance ? Un virus informatique ? Questionna Henry en analysant les données que lui transmettaient les scaphandres des légionnaires.

-Si c’est une arme, on est mal barrée. Si c’est une défaillance des systèmes, on est mal barré aussi.

-Dans tout les cas, il faut prévenir rapidement l’Etat-Major. Prenez des hommes et allez vérifier sur les satellites que les sites d’extractions automatisés restent opérationnels.

 

Hencock considéra un bref instant l’écran vide en se mordant la lèvre inférieure. Rien ne laissait croire dans les différentes données à une attaque, et encore moins à une défaillance. Il ne pouvait s’agir que d’un sabotage. Un acte intentionnel, un acte terroriste. La flotte de protection de Jupiter comptait deux vaisseaux de classe Zeus et six vaisseaux d’escorte ce qui représentait un équipage d’environ 5000 personnes. Henri s’apprêtait à sortir de sa cabine quand soudain, la lumière vira au rouge. Aussitôt l’alarme du branle-bas de combat résonna dans les couloirs et les pièces. L’oreillette de Henry crachota des parasites puis la voix du commandant Ackerman s’adressa à l’équipage d’une voix ferme où l’on devinait une certaine angoisse.

-Signature à vitesse C-1 dans le cadrant 4. En cours d’acquisition de cible. Tout l’équipage rejoint les cocons de protections.

par Isangeles publié dans : Scénarios
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Vendredi 4 juillet 2008

Kathlin consulta une nouvelle fois son bipeur. Elle se retrouvait réquisitionné avec son équipe par le docteur Svetlana Gorgens, le chef suprême en matière médicale dans toute l’armée. Elle fronça les sourcils. Elle devait se rendre sans tarder dans le hangar des prototypes C-1. Sans se poser plus de questions elle se dirigea vers le lieu de rendez-vous. Peu importait d’ailleurs de quoi il s’agissait. Elle s’ennuyait ferme depuis plus de trois mois qu’elle était en poste dans cette maudite base. Kathlin avait d’abord trouvé cela particulièrement enthousiasmant. Etre nommé si vite à la tête d’une équipe d’infirmiers spécialisés dans les interventions sur tous les terrains et devoir les recruter, les entraîner… Cela ne pouvait être qu’un aboutissement après de si longues études et de si nombreux sacrifices… Malheureusement son équipe s’était avérée très efficace. Très vite la routine et l’ennui l’avait envahis. Le vaisseau médical étant dans les cales sèches pour réparations et améliorations, cela risquait de durer. Alors pourquoi se poser des questions lorsque le chef en personne vous donnait l’ordre de se rendre dans l’un des endroits les mieux gardé et des plus secrets de la Lune ?

            Elle retrouva son équipe au grand complet moins de dix minutes plus tard dans la salle de briefing des équipages des C-1. L’amphithéâtre était plein. Un homme se tenait dos à l’assistance là-bas en bas, près de l’holo-projecteur. Il discutait avec une jeune femme aux cheveux rasés et un jeune homme au bouc roux. Kathlin aperçu une femme d’une trentaine d’année assise nonchalamment sur la table de projection. Elle balayait la salle du regard. Ses yeux se posèrent sur l’uniforme mauve de l’infirmière. Elle la salua d’un sourire. Kathlin lui adressa un salut réglementaire et rejoignit le petit groupe d’une dizaine d’infirmiers qui lui faisaient des signes de la main.

            Le brouhaha se calma soudainement. L’officier supérieur venait de se tourner vers l’assistance. Les lumières s’estompèrent. Une projection holographique de Jupiter et de ses satellites envahit le bas de l’amphithéâtre. Une voix que Kathlin jugea profonde et agréable s’éleva. La projection holo se mit en marche, illustrant les propos des intervenants.

            -Je suis le colonel Hencock, responsable du projet C-1. Voici les commandants de bords des deux prototypes, le capitaine de frégate Ackermann et le capitaine de corvette Coast. Je tiens aussi à vous présenter notre nouveau médecin en chef, le lieutenant-colonel Gorgens. Comme vous l’avez appris, les armées sont sur le départ. La destruction de l’escadrille d’observation de Jupiter il y a quelques heures a déclenché la mise en alerte maximale. Or il se trouve que l’état-major a refusé d’envisager une mission de secours…

            Un brouhaha se fit entendre. Hencock attendit un instant et reprit la parole :

            -Dans des conditions normales, nous ne pourrions pas leur porter assistance avant des jours. C’est pourquoi les vaisseaux de la classe Zeus sont équipés de nacelles de sauvetages individuelles d’une autonomie d’une semaine. Or nous possédons un atout majeur… Les C-1 nous permettrons d’être sur place en quelques minutes. Comme vous devez vous en doutez cela n’a rien d’une mission officielle…

            Il n’y eut aucune réaction. Hencock se permit un sourire discret.

            -Je laisse la parole au commandant Ackermann.

            -Merci mon colonel. Les C-1 ont été conçus pour pouvoir remplir plusieurs missions. Ces vaisseaux sont modulables à l’envie. Le Redstorm sera notre force de frappe dans cette mission. Nous embarquons une unité des nouveaux chasseurs Skyrunners commandés par le Capitaine Oliver – ce dernier se leva un court instant avant de reprendre sa place – ainsi qu’une unité des forces d’assaut de la Légion commandée par le capitaine D’Erico – le français, un cigare non réglementaire allumé au coin des lèvres, leva le bras sans un mot. Notre mission sera donc de couvrir et de récupérer. Nous couvrir des attaques et récupérer les nacelles, et visiter les épaves à la recherche d’éventuelles salles demeurées étanches…

            Elle s’assit. Coast prit sa place.

            -Le deuxième C-1 sera notre hôpital. Nos cosmonautes finissent de le moduler en ce sens. Les médecins de bords seront sous les ordres du colonel Gorgens et les infirmiers sous ceux du sergent Scott Campbell – Kathlin se leva timidement avant de se rasseoir rapidement. Nous n’aurons qu’une seule mission : sauver le plus possible de nos semblables.

            -Bien, vous êtes en train de recevoir vos différents ordres et affectations ; Veuillez vous y conformer le plus rapidement possible. Le Redstorm appareille dans 10 minutes. De par sa charge moins lourdes et donc sa vitesse initiale plus rapide, le C-1 du commandant Coast appareillera deux minutes plus tard. Nous devrions être sur les lieux au plus tard d’ici trente minutes. Rompez !

 

Coast courait dans la coursive. Les sourcils froncés il pénétra sur le pont du C-1. L’officier en second se leva du siège de commandement et annonça l’arrivée du pacha. Christopher sentit la tension monter d’un cran parmi les femmes et hommes du poste de commandement. Il inspira une bonne fois, essayant de masquer son angoisse. Le second, Pablo Benatol, un sud-américain à la corpulence impressionnante, lui tendit les derniers états du vaisseau. Christopher les parcouru rapidement :

-Vous étiez plus doué que moi pour cela Capitaine, grommela Christopher en balayant d’un geste de la main le poste de commandement.

-Non, je ne pense pas commandant. Vous ne suis pas aussi doué que vous… Par contre, je suis meilleur cuisinier, mais ça, nous le savons tous les deux ! dit en souriant le capitaine en se tenant le ventre qu’il avait assez proéminent.

-Nous sommes parés ? s’enquit le commandant.

-Oui. Tout le monde est à son poste. Le matériel est embarqué.

-Alors donnons le signal du départ.

 

Un sourire discret se dessina sur le visage tendu de l’Amiral Soul. Il regardait la projection holographique de l’espace autour du Leadership dans sa cabine personnelle. Les deux C-1 venaient de surgir de la Lune. Ils passèrent à toute vitesse devant la 1ère flotte qui commençait à se mettre en mouvement. Peu de temps après, ils avaient disparu. Soul se tourna lentement vers son second, le contre-amiral Lander. La jeune allemande le dévisagea. L’amiral adoptait une attitude étrange depuis quelques temps. Il souriait, ses petits yeux plissés emplis d’espièglerie.
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Vendredi 27 juin 2008

Chapitre 3 :

Les pachas arrivaient les uns après les autres. Spationautes, cosmonautes, taïchonautes et astronautes* de haut grade prenaient place dans l’amphithéâtre de la base souterraine lunaire. Le colonel Henry Hencock dévisageaient les premiers rangs, ceux des commandants des classes Zeus et des différentes chasses. Les officiers en chef des forces d’invasion planétaire se tenaient légèrement en retrait. Coast et Ackerman franchirent les portes simultanément. Ils s’adressèrent un salut d’abord surpris avant de tomber dans les bras l’un de l’autre. Henry haussa un sourcil étonné : ainsi, ces deux là se connaissaient. Emma avait supprimé son opulente chevelure pour la coupe réglementaire des Légionnaires. La salle bruissait d’un brouhaha à la fois excité et inquiet. On attendait ce moment depuis un sacré bail. Les différents corps d’armées s’étaient scindés en une vieille tradition datant des guerres Terriennes mais qui n’avait plus cours dans les faits. Ainsi il n’y avait que deux corps : la Spatiale, et la Légion, la seule armée qui restait fidèle à la notion de Nation depuis longtemps disparue. Elle possédait un petit bout de territoire en Afrique, donné par un ensemble de pays avant la grande Pax Americana. Hencock promena son regard sur les visages tendues des femmes et hommes de la flotte. Que des Perdus. Pas le moindre fertile. Heureusement d’ailleurs. Nul ne pourrait supporter la perte d’un fertile.

Enfin, le Grand Amiral entra, flanqué de son état major. L’amiral Soul prit place tout en bas de l’amphithéâtre. Il dévisagea l’assistance d’un air grave. Peu d’entre les présents le connaissaient. Il passait le plus clair de son temps à bord du Leadership, le titanesque vaisseau amiral, un assemblage de quatre Zeus autour d’un Galion. Il s’agissait d’une véritable base spatiale équipée de puissants réacteurs. Henry s’attarda sur le visage du numéro 2 des forces de la Terre. La presse l’avait surnommée « Le colonel » en référence à un film du vingtième siècle et de l’acteur Lee Van Cleef auquel il ressemblait comme un jumeau. Ses traits acérés impressionnaient. Le Pacha des pachas posa son regard bleu sur lui. Un court instant il perdit son calme. Mais le regard poursuivit son chemin. D’une main il réclama le silence :

-L’ennemi est passé à l’attaque. Il a détruit les deux Zeus et leur escorte au large de Jupiter. La sonde d’urgence a juste eu le temps de passer en vitesse Terra pour revenir nous porter la nouvelle. Nous n’avons hélas aucune image. L’attaque fut une totale surprise pour nos forces. Les échanges radios ne disent rien… Nous ne sommes pas en mesure de porter secours aux rescapés dans l’immédiat… S’il y a des survivants. Dès ce soir 20 h GMT la première flotte se mettra en route vers les positions ennemies. Elle sera suivie par les troisième et quatrième flottes. La deuxième restera en arrière, en dernière défense. Vous trouverez toutes les informations dans vos datas les détails de vos ordres respectifs. Bon courage.

Le laconisme de l’Amiral n’était pas une légende. Il se leva et toujours suivit par son état-major quitta la salle. Sans perdre un instant les différents officiers se pressèrent vers leur unité. Henry resta assis, les bras croisés, les sourcils froncés. Il avait informé l’Amiral de la réussite du C-1. Il savait parfaitement qu’une mission de sauvetage avec les deux C-1 existant était réalisable. Son data bourdonna contre sa hanche. Il se brancha sur le terminal en face de lui. Une voix grave grésilla dans son écouteur.
-Colonel Hancock. L’Amiral Soul. Ne dites rien. Vos ordres sont les suivants. Poursuivez les objectifs d’entraînement des C-1. Vous avez toute ma confiance. Je sais que vous comprenez l’urgence de la situation et son côté… inhabituel…
La communication fut coupée avant qu’Henry puisse répondre. Il leva la tête. Les officiers commençaient à sortir de la salle. Emma et Christopher parlaient avec animation à quelques rangées. Henry les rejoignit. Ils saluèrent le colonel. Il grimaça un sourire et prit place.
-Christopher, ton équipage est-il prêt pour un essai du C-1 ? demanda d’emblée Henry.
-Vous plaisantez mon colonel ! Je viens à peine d’investir le C-1 et mon équipage est encore dans la nature…
-Combien de temps pour le rassembler ? le coupa l’officier supérieur.
-Une heure guère…
-Bien, vous avez une demi-heure pour vous préparer. Commandant Ackerman, vous aiderez le commandant Coast dans sa préparation pour le vol vers Jupiter.
-A vos ordres, répondirent-ils en cœur dans un sourire qui en disait long.

Les ordres étaient simples. Les essais du C-1 devaient continuer. Or la mission suivante sur le planning était un aller retour vers Jupiter. L’amiral ne l’ignorait pas… Une bien étrange façon d’agir en tout cas. Que craignait l’amiral Soul ? Une mission sans autorisation officielle, il savait lire entre les lignes. Henry se prit la tête entre les mains. Il était scientifique, pas militaire, encore moins tacticien. Il fallait préparer le corsaire de Coast avec le nécessaire pour accueillir d’éventuels survivants. La discrétion s’imposait. Hencock bipa ses plus proches collaborateurs afin de dresser un plan d’attaque. Il consulta une liste des différentes équipes médicales en transit dans la base. Son regard s’arrêta sur un nom : Kathlin Scott Campbell. La jeune femme dirigeait une petite troupe d’infirmiers spécialisés en intervention extra-véhiculaire. Il manquait juste un médecin. Il savait à qui s’adresser…

Il la dénicha au bar. La jeune femme disputait une partie d’échec avec un cosmonaute hongrois. Elle annonça un échec et mat et serra la main de son adversaire. Henry prit place devant l’échiquier. Elle leva un sourcil interrogateur, sans pour autant reposer son verre. Le médecin considéra le nouveau venu en avalant une bonne rasade d’un alcool blanc. Ses lèvres pulpeuses se plissèrent en un sourire inquisiteur lorsqu’elle reposa le verre.
-Colonel Hencock… lut-elle sur l’uniforme du scientifique. Que puis-je faire pour vous ? Une partie d’échec ? sa voix rauque, parfumée à la vodka caressa le visage de Henry.
-Non. J’ai besoin de votre aide en tant que médecin. Vous avez exercé lors de la catastrophe de Biosphère Alpha. Vous veniez à peine d’obtenir votre diplôme de spécialiste en médecine spatiale. A vous seule vous avez sauvé les 38 occupants de la base. Vous avez réussi à les maintenir en vie jusqu'à l’arrivé des secours en opérant les plus gravement blessé dans des conditions extrêmes. Vous êtes la seule à ce jour – après plus de 50 ans – à avoir été décorée de la très convoitée et historique médaille du Congrès Américain. Vos talents et votre popularité sur Terre font que la hiérarchie vous interdit d’occuper un poste en première ligne. Vous êtes consigné à des tâches de commandement, d’organisations, ici sur la Lune. Et cela vous pèse, vous tue lentement…
-Vous désirez devenir mon biographe attitré Colonel Hencock ? marmonna-t-elle en arrangeant les pièces de l’échiquier.
-Non. Je veux que vous participiez à un essai du C-1.
-En quoi serais-je utile dans une telle entreprise ? Vous avez vos propres toubibs chercheurs non ? J’ai moi même établi leur emploi du temps.
-L’essai portera le C-1 en orbite autour de Jupiter. Ai-je besoin de vous faire un dessin ?
-Officiel ?
-Non.
-J’aime bien cela colonel Hencock. Je vous suis. » Elle vida son verre d’un coup sec. Ses yeux noirs se fixèrent dans ceux de Henry. Il ne pouvait supporter longtemps le regard d’une femme. Il se leva et l’invita à le suivre.


*Spationautes, cosmonautes, taïchonautes et astronautes : dans cet univers, ils sont les héritiers des anciens pionniers de l'espace mais sont devenus des noms qui désignent des spécialités.
Spationaute : Navigateur, pilote... personne officiant sur le pont de commandement d'un vaisseau de guerre ou civil (hérité des anciens pionniers européens )
Cosmonaute : Mécanicien ou ingénieur (hérité des anciens pionniers russes, connus comme les rois du bricolage spatial -voir MIR...-)
Taïchonaute : Spécialiste des systèmes de survie (hérité des pionniers Asiatiques et plus spécialement chinois).
Astronaute : Le reste du personnel d'un vaisseau, du cuistot au scientifique embarqué (hérité des pionniers des Etats-Unis, les plus nombreux au début de l'ère spatiale)

par Isangeles publié dans : Scénarios
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Samedi 21 juin 2008
Le dernier des personnages importants de notre petite histoire, Victoria.

par Isangeles publié dans : Scénarios
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Vendredi 20 juin 2008

-Chasseur 4, vous déviez de votre trajectoire, rectifiez…

            -Bien reçu commandant… crachota la voix dans le réseau com du pont de commandement du C-1.

            -Salle des machines, préparez vous au passage en mode C-1, ordonna Emma Ackerman, debout sur la passerelle de commandement. L’heure de vérité. D’ici quelques minutes le vaisseau de guerre le plus prometteur depuis le classe Zeus allait vraiment prendre son envol. Emma sentait les regards impersonnels des caméras braqués sur l’équipage. La voix de Henry Hencock grésilla dans son oreille droite.

            -Tout est paré commandant. Votre escorte vous laisse à présent.


           
Malgré l’air conditionné, Emma sentit une goutte de sueur perler sur son front. Elle l’essuya d’un doigt fin. Ses cheveux noirs tirés en arrière, attachés en une queue de cheval réglementaire, lui faisaient mal. Elle se promit d’adopter la coupe des Légionnaires – 1mm de cheveux – si la mission réussissait. Son regard se perdait dans la contemplation de l’image holographique de la Lune et des vaisseaux qui gravitaient alentours. L’équipage s’affairait dans un silence et une concentration qui témoignait d’un entraînement intensif. Ils planchaient depuis trois ans sur des simulations de toutes sortes dans l’environnement du C-1. Ils avaient l’avantage de l’expérience, au contraire de l’équipage du deuxième prototype. Hencock avait imposé cet état de fait. Il voulait voir les possibilités que des novices pouvaient tirer du vaisseau. Dans un certain sens, elle était une novice, elle aussi. Jusqu’à sa mutation sur le C-1, deux mois après avoir intégré le Ben Gourion, le classe Zeus Israélo-palestinien,  en tant qu’officier de pont. Elle avait fait ses preuves et décroché les galons de capitaine de Frégate. Elle accueillit sa nomination sur le projet C-1 avec une grande surprise et une grande fierté. Depuis, elle rêvait de mener cet engin sur les bords du système solaire, là où l’ennemi semblait avoir installé son quartier général. Sa mission d’aujourd’hui consistait à rallier Mars dans le plus court laps de temps possible. Ce serait la première fois que le vaisseau utiliserait la technologie mise au point par les ingénieurs du projet Los Alamos.

 

Emma prit place dans son cocon protecteur. Chaque membre d’équipage en avait un. Il se referma sur elle. La jeune femme ferma les yeux, crispée, comme toujours, quand le liquide visqueux envahissait le cocon. Assise, les mains sur les accoudoirs de commande, elle sentit ses poumons, son estomac s’emplir de ce mélange qui pénétrait les moindres creux de son être. Emma lutta contre le sentiment de panique qui allait avec le processus. Elle détestait ce « remplissage », mais l’accélération promettait d’être telle qu’il fallait bien cela, sans quoi les organes internes exploseraient. A la fin de l’opération, deux fiches minuscules vinrent se coller contre son larynx et son oreille.

            -A tout l’équipage, dernier appel pour la mise en cocon… Tous les voyants au vert. Je n’ai qu’une seule chose à vous dire : faites de votre mieux. Navigateur, programmez le trajet le plus court pour Mars… Salle des machines, à mon commandement… Engagez la procédure !

 

            Le C-1 passa comme une balle sombre devant le vaisseau amiral de la 1ere Flotte. Les officiels inspirèrent de surprise en regardant le magnifique engin déchirer l’espace. Ils avaient là un sérieux avantage… si les test n’échouaient pas… L’amiral Soul jeta un œil sur sa gauche, vers l’amiral Faysat, l’officier supérieur le plus âgé de toute l’armée Terrienne. Charles Faysat souleva un sourcil grisonnant en sentant le regard posé sur lui. Soul déglutit avec difficulté et reporta son attention vers l’espace. Il n’ignorait pas le rôle que Faysat jouait dans la nomination des Perdus dans la flotte. Il serra la mâchoire. Dans la pièce, il n’y avait que deux non stériles : Faysat et son bras droit, le petit arriviste de Serva, colonel du bloc Franglais et fervent partisan de doctrines plus que douteuses. La voix de Hencock s’éleva dans les hauts-parleurs. Soul se concentra sur l’expérience.

           

Henry Hencock serra les poings. Depuis la mort accidentelle des trois autres concepteurs du nouveau moteur il redoutait ce moment. Job, Esteban et Bose avaient péri dans le premier essai. Ils tenaient à être à bord du prototype. Henry avait échappé à la catastrophe car il en fallait un au poste de surveillance. Aujourd’hui encore, il n’était pas en première ligne. Ackerman, s’était très vite imposée comme une valeur sûre du programme, un commandant hors pair. Un voyant clignota. Il reporta son attention sur les écrans de contrôle. La mise en route des moteurs venait de commencer. Tout se passa très vite ensuite. Le vaisseau prit de la vitesse, d’abord lentement, fit un bond et encore un autre, comme un caillou qui rebondissait sur l’eau. Et soudain, il ne fut plus là. Personne n’osait bouger, ni encore moins parler. Les instruments de la salle de contrôle emplissait de leur bourdonnements le silence inquiet. Tous avait encore en mémoire l’attente du retour sur les écrans du premier essai… Ils attendaient toujours depuis plus d’un an. Un point lumineux apparu près de Mars. Quelques secondes après leur parvint la voix d’Emma, déformée par le liquide protecteur.

            -Ici Mars, une tempête se lève au nord… Avec l’accord de l’équipage, dès à présent nous baptisons le bâtiment Redstorm. Nous avons réussi centre de contrôle. Le temps de tout vérifier et nous rentrons.

            -Félicitations commandant  Ackerman ! Redstorm, vous venez d’établir un nouveau record en rejoignant Mars en deux minutes trente six secondes… A tous bravo.

            Emma contempla la salle de commandement à travers le liquide protecteur. Ils avaient réussi, ils venaient d’ouvrir une nouvelle voie pour l’humanité, la voie des étoiles…

 

            Emma Ackerman se laissa tomber sur sa couchette. Le plafond vitré laissait voir la Terre, magnifique, suspendue dans l’espace. Il y avait trois ans qu’elle n’avait pas remis les pieds sur la planète mère. Trois longues années. Cela lui manquait. Un groupe de vaisseaux cargos, les lourds Cachalot occultèrent la vue. Elle ferma les yeux. Combien de temps durerait cette attente ? Contre qui allait-on se battre ? Elle n’en savait rien, sauf qu’Ils avaient éliminé la mission d’exploration scientifique aux alentours de Pluton il y avait dix ans de cela. Et depuis, rien. De petites intrusions ici et là mais pas la moindre action hostile... On surveillait cet amas de ce qui semblait être des vaisseaux de guerre. Ils ne bougeaient pas. Eux non plus. Emma se tourna vers l’écran mural. Les vestiges de Petra défilaient en boucle. Petra… Un souvenir agréable que cette journée passée là-bas en compagnie de lui. Où étais-tu David ? Sûrement quelque part dans cette vaste flotte en préparation, certainement dans un contingent d’infanterie. Elle soupira, se recroquevillant en position fœtale sur le lit, serrant ses bras autour d’elle.

            La sonnerie entêtante du com la réveilla. Elle passa vite un pantalon et une veste sur ses sous-vêtements. Elle actionna le visiophone. Le colonel Hencock, les cheveux en batailles, les yeux plissés se retourna vers elle. Il semblait en communication avec plusieurs personnes.

            -Commandant Ackerman, votre présence est requise d’urgence en salle de réunion… Ils ont attaqué et anéanti les deux classe Zeus et leur escorte en orbite autour de Jupiter…

 

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Dimanche 15 juin 2008

Des nouvelles recherches de la part de nos dessinatrices ! Cette fois-ci Winslow Carter ! Merci pour les commentaires sur les qualités des deux dessinatrices.

par Isangeles publié dans : Scénarios
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Vendredi 13 juin 2008

(Premier chapitre d'un feuilleton, voir la page  Le feuilleton de Science-Fiction  )


             Les immenses chantiers lunaires se profilèrent au-dessus de l’horizon cendré du satellite terrestre. Ils couvraient le quart de la surface de la face visible de la Lune. Le monorail à grande vitesse qui menait les nouveaux équipages de la base Armstrong-Aldrin aux chantiers filait à moitié enterré dans le sol. Christopher Coast n’avait d’yeux que pour les magnifiques mastodontes en construction. Quatre venaient d’être achevés dont le tout dernier de la génération Zeus qui, titanesque, projetait son ombre sur le sol mort de l’astre lunaire. On pouvait le voir de la terre à l’œil nu. Les officiers frais émoulus de l’Ecole Spatiale de Norfolk chahutèrent celui qui aurait l’infime honneur de commander ce petit bijou de technologie. Christopher adressa un sourire au pacha, une jeune femme du Bloc africain. Il était un peu jaloux. Les cinq meilleurs élèves officiers commanderaient des unités de combat. Les autres, fourniraient le vivier des commandants de navires cargos, de frégates diverses, et bien sûr les postes d’officiers de ponts. Christopher n’avait pas terminé dans les cinq premiers de sa promotion. Ni dans la liste des officiers supérieurs, et encore moins dans celle des officiers tout court. Il portait l’uniforme de la spatiale, avec le grade de Commandant… Un mystère pour les autres. Son classement n’avait jamais été communiqué. Christopher lui, savait. Un sourire illumina son visage quand soudain, surgissant de nulle part, le C-1, tous moteurs rugissants, entouré de son escorte de chasseurs passa en trombe au-dessus du monorail. Le compartiment parti d’un tonnerre d’applaudissements, de cris et sifflements divers pour le fleuron de la technologie terrienne. Christopher le suivit du regard. Il était le commandant d’un des deux prototypes C-1, plus connu sous le nom donné par les médias, le Corsaire. C’est à lui que revenait la lourde charge de lui trouver un nom de guerre. Il se frotta le bouc roux qui ornait depuis peu son menton. Il aurait voulu commander le Zeus, mais la perspective de composer lui-même son équipage et de piloter un prototype aussi révolutionnaire l’avait fait succomber. Il se tourna vers les trois autres commandants sans se mêler à la conversation. Ils menaient déjà une rude négociation pour le choix des officiers de pont qu’ils désiraient. C’était une vaine discussion car seul le commandant Coast aurait la possibilité de choisir. Il reporta son attention sur les jeunes officiers. Tous voulaient servir sur le Zeus ou le Corsaire, aucun sur les navires d’escortes, les lourds Galions, de véritables places fortes volantes. Coast sentit encore ce sentiment de malaise l’envahir. Il était apparu quelques années auparavant, quand la Menace devint si évidente que la guerre s’avérait inéluctable. Le conflit ne semblait pas soucier outre mesure les états-majors terriens. Depuis plus de cinq ans que durait le statu-quo, on ne voyait vraiment pas ce qui ferait changer les choses. Pas les terriens en tout cas, craignant d’affronter une force à la technologie et armement supérieurs à celui de la Terre. Christopher observa les femmes et les hommes autour de lui : des jeunes. Tous appartenaient à la même génération. La Génération Perdue comme les médias les surnommaient depuis que l’évidence de leur incapacité à se reproduire s’était confirmée. Heureusement, une autre génération naquit, féconde elle. On ne sacrifirait pas ceux qui portaient la survie de la race humaine en eux. Par contre, les Perdus… Leur sacrifice ne posait pas le moindre problème à quiconque… Le jeune commandant se concentra dans la lecture des fichiers à l’intérieur desquels il pouvait piocher son équipage. Il fut étonné d’avoir accès à autant de bons éléments. Il reconnut des noms d’amis. Il en cocha mentalement certains. Le tube ralenti sa course. Les portes s’ouvrirent dans un chuintement presque inaudible. La gravité artificielle, résultat d’une grosse erreur de confection du bâtiment, devenu dès lors la règle de construction, ne suscitait plus la moindre remarque ébahie. Ceux qui n’avaient pas foulé le sol lunaire en scaphandre ne pouvaient pas imaginer la faible gravité qui régnait sur l’astre lunaire. William resta songeur en apercevant les ouvriers à l’extérieur virevoltant habillement au-dessus de la surface grisâtre de l’astre lunaire. D’ici peu il rejoindrait le vaisseau qu’il ne quitterait que lors de la prochaine permission, dans plus d’un an de cela.


L’officier de pont donna l’ordre de débarquement et les officiers s’égaillèrent dans la base. Christopher dirigea ses pas vers le bureau de la flotte et déposa sa liste d’équipage. Il déambula une petite heure dans les échoppes de la base. Les civils ne constituaient pas la partie la plus nombreuse des lieux. Des militaires de toutes armes et de tous pays circulaient. Les diverses langues se mélangeaient mais l’anglais restait la langue de référence. Il entra dans un magasin d’alcool et s’acheta une bouteille de whisky, du vrai, pas cette reconstitution moléculaire que l’on buvait maintenant dans les troquets de l’armée. En chemin pour la baie du C-1, sa route croisa celle du brillant Hancok. Tous sur Terre le connaissait. Aussi brillant que discret, Hancok représentait le malheur de toute une génération. Le syndrome Hancok… Le syndrome inexplicable qui frappait d’infertilité. Il avait été le premier diagnostiqué… L’homme observait la progression d’un cargo de ravitaillement, escorté de deux Poux, ces minuscules mais solides tracteurs des cieux. Les mains derrière le dos, il se mordait la lèvre inférieure, absorbé dans ses pensées. Christopher remarqua aussitôt l’uniforme du scientifique. Le savant avait pris du galon et du service actif.


           
-Mon Colonel, bonjour, commença-t-il en s’arrêtant à son niveau.

            -Mmm ? Oh ! Commandant Coast, n’est-ce pas ? En fait j’espérais te croiser avant que tu ne t’enfermes dans ta boîte de conserve !

            Coast tiqua un peu au tutoiement mais ne laissa rien paraître.

-Oui, je suis Christopher Coast de…

            -Oui, oui, bien… Tiens, voici les dernières modifications faites aux C-1. Bien, j’espère que tout ira bien pour toi, dit Hancok en lui tendant un bloc de données.

            -Vous… Ainsi donc les rumeurs étaient justifiées, vous êtes…

            -… l’un des concepteurs du C-1. Oui. Mais bon, je ne suis pas seul sur le projet hein… Allez, bon vent et pousse le C-1 à son maximum !

            Sans attendre de réponse ni de salut le colonel s’en fut. Coast sourit. Il se dirigea lentement vers la baie du C-1.

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Samedi 7 juin 2008
Et voici notre héroïne. Merci encore aux deux artistes. Je suis vraiment emballé par le travail des deux dessinatrices ! J'espère que le projet ira au bout !

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Jeudi 27 mars 2008

Un scénario de commande ! Mon premier. Avec la permission des dessinatrices, voici donc le pitch et les personnages, ainsi que quelques dessins.

Colt et Dentelles

 Scénario : Isangeles

Dessins : Julie et Lydia http://sailormyth.free.fr/, http://www.lydiaportefolio.com/
 Pitch :

Nous sommes en 1890. L’ère victorienne est à son apogée et commence sa lente chute. Les jeunes gens font encore le Grand Tour, même si ce dernier est en perte de vitesse. Les grandes familles bourgeoises et aristocratiques poursuivent cependant à envoyer leur rejeton dans un parcours initiatique vers les grandes villes européennes. De l’autre côté de l’Atlantique, les grandes familles d’industriels américains se lancent à leur tour dans cette tradition anglaise. On voit donc débarquer dans les villes européennes comme Vienne, Florence, Paris, Baden-Baden ou encore Venise la jeunesse dorée de la puissance anglaise et de la toute naissance bourgeoisie mal dégrossie des Etats-Unis. La rencontre fera naître des étincelles. Nos deux héros sont accompagnés dans leur tribulations par les éternels chaperons. Pour la jeune anglaise, il s’agit d’une femme austère mais à l’humour pince sans rire très développé. Pour notre jeune américain, c’est un pasteur qui s’y colle, presque aussi jeune que lui, mais à la culture impressionnante et au passé… coquin dirons nous… Mais lors d'une soirée très comme il faut... un meurtre va plonger nos deux aventuriers dans une enquête au dénouement bien surprenant...


 

Les personnages : 

Winslow Carter :

Un jeune homme de Boston. Il vient de finir des études d’avocat et semble promis à de hautes fonctions dans les milieux d’affaires américain. Il est réservé dans un premier temps. Mais il a l’arrogance de la jeune nation américaine. Il sait beaucoup de choses mais bien peu sur les femmes et l’amour. Il est vif et parfois un peu emporté quand l’action est là. C’est un excellent tireur. Il ne porte pas d’armes sur lui. C’est le Pasteur qui les garde. Côté vestimentaire, il est plus qu’élégant. Mais à la mode du nouveau monde. Il fait ce tour d’Europe pour une raison bien précise. Il veut rapporter dans ces bagages une jeune européenne, riche ou pas, peu importe. Il veut une européenne. En mémoire à sa grande mémé, venu d’Irlande dans le temps et dont le mari est mort lors de la guerre de Sécession (civil war). Il aime la vie et ne veut pas passer à côté de ce qui sera pense-t-il le dernier moment pour s’amuser avant d’entrer dans la vie des affaires.

 

Pasteur Artemus Magnet

Le Pasteur… Il a entre 5 et 10 ans de plus que son pupille. Mais on ne sait pas trop. Son passé est entouré de mystères. Nous savons, nous autre auteurs quels sont ces mystères. Il est issu d’une famille de pionniers. Il sait donc manier un colt avec efficacité. Ses parents sont morts très tôt. Il a hérité d’une belle somme. Il a décidé d’aller vivre la belle vie en Europe pour y devenir un artiste, un peintre. Il a mené une vie de débauche et n’a rien fait de bien en art. Il est rentré ruiné au pays. Il a trouvé refuge dans la religion. Il est pasteur depuis 3 ans. Il aime bien boire sans être ivrogne. C’est un irlandais d’origine. Grand et guindé. Mais son savoir en femme et en séduction (il aime bien les belles femmes…) vont créer un ressort comique en contraste avec sa qualité de pasteur. Il a un visage très expressif. Il a été engagé par les parents de Winslow pour veiller sur l’intégrité physique du jeune homme. Il est gentil et n’aime pas les personnes pédantes, comme ces anglaises si imbues de leur puissance. Il a toujours avec lui une énorme bible qui peut servir de massue à l’occasion. Il porte sous sa veste deux armes, deux colts…

 

Elizabeth Barrow

Fille de bonne famille, elle est envoyée en Europe pour qu’elle ait le temps de s’assagir. Elle est la petite dernière d’une famille ne comprenant que des garçons. Elle est promise à un homme d’une trentaine d’années qu’elle n’aime pas. Après avoir passé un mois enfermée volontairement dans sa chambre, les parents ont décidé de l’envoyer à l’autre bout de l’Europe pour lui faire voir du pays. Au retour, ils comptent bien la marier de force, mais ça, elle l’ignore…

Elle est curieuse et aime la vie. Elle est en complète rupture avec le mode de vie victorien. Elle sait pourtant tenir son rang. Elle veut de l’aventure, comme dans les romans qu’elle dévore. Elle est espiègle mais un peu peste aussi. Une jeune femme de 20 ans à peine. Elle est très coquette. Ses tenues sont soignées. Elle aime plaire sans pour autant être aguicheuse. Cela ne se fait pas.

 

Victoria

Une dame d’une trentaine d’années. Elle est l’antithèse de Elizabeth. Rigoureuse, parfois très austère, elle surveille les moindres gestes et paroles de sa protégée. Elle a toujours une ombrelle fermée à porté de main pour tabasser le premier mâle qui s’approcherait trop de sa petite et d’elle même. Elle n’est pas insensible au charme des hommes, mais elle cache une vieille blessure. Mariée très jeune, son mari est mort d’une fièvre alors qu’ils étaient en Inde. Elle est rentrée au pays et a été engagée pour élever la jeune adolescente turbulente qu’était Elizabeth. C’est elle qui a suggéré à la famille d’envoyer la jeune femme en voyage. Elle ignore tout des desseins des parents.

Victoria est fière d’être anglaise et d’appartenir à la puissance la plus grande sur terre. Elle méprise les autres civilisations. Rien ne trouve grâce à ses yeux. L’armée anglaise est son modèle, comme il fut celui de son mari.

Durant le voyage, elle compte bien éviter qu’Elizabeth ne devienne trop indépendante… Elle risque d’être déçue par ce dernier point…

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par Isangeles publié dans : Scénarios
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