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11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 00:00

L’énorme masse de Jupiter se matérialisa sur les radars des deux C-1. Aussitôt le malaise de la décélération estompé les chasseurs furent lancés. Les deux Corsaires continuèrent leurs manœuvres de décélérations afin de se mettre en orbite autour de la géante gazeuse.

            -Nous progressons vers la dernière position connue de l’escadrille de Jupiter, grésilla la voix du capitaine Stephan Oliver sur les deux ponts de commandement des Corsaires. Nos radars indiquent une forte présence de débris de tous types…

            Stephan fronça les sourcils en surgissant derrière le plus gros des satellites de Jupiter. Les deux Zeus étaient là, immobiles, entourés par les épaves des chasseurs et des autres bâtiments de soutien. Il ordonna une halte. Les appareils flottèrent dans l’espace, des minuscules ombres sur la face tourmentée d’Io. Le capitaine observait les débris avec attention. Son écran zooma en suivant son regard. Au milieu des carcasses des chasseurs, des nacelles de sauvetages dérivaient lentement. Une nuée de points noirs constellaient les flancs des deux titanesques Zeus. Stephan déglutit avec difficulté. Il ouvrit un canal protégé. La voix de Hencock surgit dans son cockpit.

            -Une ligne privée ? Un problème capitaine ?

            -Un de taille mon colonel… Je pense qu’il n’y a guère de survivant monsieur…

            -Mon dieu c’est aussi catastrophique ? Il ne reste rien des Zeus ? C’est pour cela que vous ne transmettez aucune image ?

            -Les voici mon colonel…

Les images holographiques se matérialisèrent devant les yeux d’Henri. Ce dernier porta une main tremblante à ses lèvres soudain sèches.

            -Mais ils sont… Seigneur… Etablissez un périmètre de sécurité capitaine. Prévenez-moi dès que tout est clair. J’envoie la Légion.

            -Reçu.

            Stephan donna les ordres. La petite escadrille s’éloigna des lieux de la bataille et parcouru le secteur en postant une sentinelle à chaque point stratégique. Oliver annonça que le périmètre était sécurisé.

 

            Les scaphandres autonomes de la légion se déployèrent en un V dont la pointe était matérialisée par le capitaine d’Erico. Il observa avec calme le défilement des données sur sa visière. Les propulseurs des ailes delta accrochées dans le dos des armures montèrent en régime. Les chasseurs se profilèrent sur les côtés, attentifs, immobiles. Les vingt scaphandres noirs s’approchèrent des deux gigantesques vaisseaux, évitant les débris. Il fut le premier à se poser sur la structure du navire. Les ailes delta se détachèrent, se collant contre la carlingue du vaisseau. D’Erico balaya la zone du regard. Les nacelles de sauvetages dérivaient lentement dans l’espace au milieu de débris en tout genre. Et parmi ces débris des corps, des centaines de corps…

            -Escouades une et deux sur le deuxième Zeus. Escouades trois et quatre avec moi.

 

            Les dix hommes coururent le long du navire. Les sas, et autre soutes de chargement étaient grandes ouvertes. Ils pénétrèrent dans la salle d’atterrissage des chasseurs. Ces derniers reposaient dans leurs logements. D’Erico prit son arme, aussitôt imité par ses soldats. Par geste il envoya une escouade vers l’avant du navire. Il s’engagea vers le pont de commandement avec les quatre hommes de son équipe habituelle. Des vieux briscards qui avaient connus le feu lors de missions pas officielles pour un sous. Cornwallis ouvrait la marche, ses deux armes de poing dans les mains. Suivaient d’Erico et Carr. En couverture se trouvait Mecter, l’arme lourde prête à cracher ses obus explosifs. Ils progressèrent sans problèmes jusqu’à la coursive de commandement. Ils n’avaient pas croisés de cadavres… Le poste de commandement en étaient rempli. Le pacha comme l’équipe de pilotage, harnachés dans leur fauteuils, gisaient là, tués par le vide de l’espace. D’Erico fit le tour de la salle, couvert par ses hommes. Il activa la fermeture du navire. Un sifflement aigu envahit alors la pièce. Les capteurs des scaphandres confirmèrent la pressurisation du poste de commandement et son alimentation progressive en oxygène.

            -Carr ! Au boulot ! Fais-moi parler cet engin, cracha d’Erico en rangeant son arme.

            -Légionnaires, au rapport !

            -Escouade trois au rapport : réacteurs nucléaires intacts. Pas d’hostile commandant.

            -Lieutenant Lion au rapport pour escouade un et deux : Zeus en parfait état de marche. Pas d’hostiles. Aucun survivant.

            D’Erico commanda l’ouverture de son casque. Il huma l’air en fronçant les sourcils. Tout en examinant les corps de l’équipage il porta un cigare à ses lèvres et l’alluma. Ils étaient tous morts de la dépressurisation du poste de commandement. Il balaya la pièce du regard. Les panneaux de sécurité qui se déclenchaient en pareil cas étaient dans leur logement, et n’avaient pas accompli leur devoir. Les parois ne portaient aucun stigmate d’un quelconque projectile. Il croisa le regard de ces hommes.

            -Branchez moi une ligne sécurisé avec Hencock, et restez pas là à rien faire. Je veux une inspection complète des navires, millimètres par millimètres et qu’ils soient en état de marche dans les 2 minutes qui viennent…

            L’image grésilla un instant et l’hologramme du colonel Hencock se matérialisa devant d’Erico.

-Mon colonel, aucun survivant. Pas de trace de combat. Je mets ma main à couper que les vaisseaux d’escortes ont été pulvérisés par les armes des Zeus…

-Une défaillance ? Une arme secrète qui agit à distance ? Un virus informatique ? Questionna Henry en analysant les données que lui transmettaient les scaphandres des légionnaires.

-Si c’est une arme, on est mal barrée. Si c’est une défaillance des systèmes, on est mal barré aussi.

-Dans tout les cas, il faut prévenir rapidement l’Etat-Major. Prenez des hommes et allez vérifier sur les satellites que les sites d’extractions automatisés restent opérationnels.

 

Hencock considéra un bref instant l’écran vide en se mordant la lèvre inférieure. Rien ne laissait croire dans les différentes données à une attaque, et encore moins à une défaillance. Il ne pouvait s’agir que d’un sabotage. Un acte intentionnel, un acte terroriste. La flotte de protection de Jupiter comptait deux vaisseaux de classe Zeus et six vaisseaux d’escorte ce qui représentait un équipage d’environ 5000 personnes. Henri s’apprêtait à sortir de sa cabine quand soudain, la lumière vira au rouge. Aussitôt l’alarme du branle-bas de combat résonna dans les couloirs et les pièces. L’oreillette de Henry crachota des parasites puis la voix du commandant Ackerman s’adressa à l’équipage d’une voix ferme où l’on devinait une certaine angoisse.

-Signature à vitesse C-1 dans le cadrant 4. En cours d’acquisition de cible. Tout l’équipage rejoint les cocons de protections.

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Published by Isangeles - dans Scénarios
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commentaires

karicature 14/07/2008 14:08

je viens de me faitre les quatre chapitres (oui, j'ai trainé vue qu'un texte sur écran me freine un peu) je ne regrette rien, je suis fan, j'adore ce style de récit, j'ai l'impression de retrouver un peu l'univers de Dan Simon avec ses "Hypérion et Andymion" j'attends la suite avec impatiencetu vas mettre tout ça en BD ?

Isangeles 14/07/2008 18:07


Karicature, tu viens de me faire un sacré compliment. Je suis fan de Dan Simon... et je suis loin de son style ! Mais merci ! Pour la suite, j'ai préparé une publication pour les deux semaines qui
viennent mais après il faudra attendre le mois de septembre.
Mettre en bd ? Le rêve. Il me faudrait trouver un dessinateur qui veuille bien se lancer dans un tel projet, de longue haleine... Merci encore pour ta lecture et tes commentaires.